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| Isola Elba - Portoferraio |
Parce qu'un déluge s'abat sur Lucques en ce moment. Dans la nuit, les zébrures des éclairs et le tonnerre m'ont réveillé. Et depuis lors, la pluie n'a pas cessé. Ma moto est bien dans un parking clôt et sécurisé, mais elle est tout de même à l'air libre… Je crains fort que mes valises ne ressemblent à des piscines.
Itinéraire depuis le début du voyage :
Au matin, je constate que c’est bien le cas. Après quelques stratagèmes, je parviens à les vider, à les charger sans être trop trempé et sans rien oublier. C’est bien la première fois que je charge ma bécane entièrement équipé des pieds à la tête. Habituellement, je suis plutôt en short, t-shirt et claquettes.
Mon bateau part à 11h50 de Piombino. J’avais prévu de passer par Pise pour voir « ce truc penché » dont on m’a parlé, en ayant le nez au vent et les yeux sur les petites routes de la Toscane. Je compte environ 2h30 de route, plus une heure de marge pour la traversée. Il ne faut pas que je traîne. Il est déjà 7h45.
La pluie, elle, ne faiblit pas sur la route. Sans détour, en tant que Gaulois, le ciel me tombe sur la tête. Honnêtement, ce trajet entre Lucques et Pise n’a rien d’enthousiasmant, et sous cette pluie, il devient franchement flippant. Hier m’a suffi en matière de bitume vu de trop près. Je laisse donc le GPS me guider par les voies plus rapides et j’abandonne l’idée d’aller voir la tour de Pise. Cap sur le port de Piombino.
Sans photo ni autre information à transmettre pour l’instant, c’est le bon moment pour replacer la Toscane et les autres régions italiennes sur une carte : se remémorer où elles se situent sur la botte ne peut pas faire de mal. Et cela servira aussi pour la suite du voyage.
J’arrive à 10h55 au port de Piombino. La pluie s’est enfin arrêtée depuis une bonne demi‑heure — Enfin ! Moi, je suis resté au sec. Même ma botte, celle qui a râpé le bitume hier et qui en a vu de toutes les couleurs, ne fuit pas. Incroyable, cet ensemble Klim qui m’a coûté un bras, il y a six ans déjà, et ces Paraboot en promo : on dirait des bottes blindées. Le Top Case BMW, en revanche, n'est pas à la hauteur... Le fond est plein d’eau. Je sais quoi faire à la pause déjeuner, tout à l'heure.
J’ai un peu de temps avant l’embarquement, alors petit topo sur l’Isola d’Elba. L’île n’est pas seulement jolie, elle a du caractère : Portoferraio, le principal port, ressemble à une forteresse qui a pris des cours de style méditerranéen — remparts, ruelles colorées et un port où l’on se sent tout de suite en vacances, même quand on a les vêtements humides, ce qui risque d'être mon cas… Côté histoire, impossible d’ignorer la touche impériale : Napo y a séjourné, et ses résidences se visitent pour qui veut mêler plage et petites leçons d’histoire sans s’endormir sur le sable.
Je débarquerai à Rio Marina vers 13h00. C’est là que j’ai marqué le A en rouge sur la carte ci-dessous.
Je bouclerai l’île dans la demi-journée selon, à priori, le trait surligné jaune de la carte ci-dessus. J’envisage un passage par la montagne pour me rapprocher du Monte Capanne, le point culminant de l’île à 1 017 mètres — le point entouré en rouge sur la carte ci-dessus, à l’ouest. Je remonte des routes qui tournicotent, je m’offre des panoramas et je redescends pour finir ma boucle à Portoferraio, où je pose mes valises pour deux nuits avant de repartir en bateau depuis ce même port. C'est le point marqué D en rouge sur la carte ci-dessus.
Ah ! C’est l’heure d’embarquer avec Torremare pour Rio Marina. Le marin, professionnel et méticuleux, me demande mes gants pour protéger la selle du cordage qu’il installe autour de la moto. J’apprécie l’attention : l’arrimage a toute son importance aujourd’hui, la mer n’étant pas exactement d’humeur à faire des politesses.
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| Embarquement |
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| Arrivée à Rio Marina |
Il ne pleut pas, mais le ciel reste lourd, comme si l’île hésitait entre deux humeurs. La moto n’a pas bougé, malgré le roulis et le tangage important durant la traversée. Je dois bien écrire que l’inquiétude est monté par moments fugaces. Je défais, rapidement puisque c’est leur but : être solide et rapide à défaire, les nœuds de cabestan et descends du navire.
Dès l’arrivée, la ressemblance avec la Sardaigne saute aux yeux — sauvage, montagneuse, forestière et très verte, mais en format poche. L’odeur des pins est entêtante, presque tactile. Elle colle aux vêtements et me suit comme un parfum de voyage.
Je mets la musique et roule, tranquille, durant les quatre heures qui suivent. Je n'ose imaginer ce que donnerait cette balade d'ici à un mois et les beaux jours installés. Aujourd'hui, je ne croise presque personne, sauf aux abords des zones de plages très touristiques.
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| Plage de Marina di Campo |
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| Monte Peronne à 609 mètres |
A 17h00, j'arrive et m'installe à Portoferraio. Fatigué, je décide de dîner à l'hôtel où je réside, sans y regarder de plus près.
J'entre dans la salle à 20h15. Diable, c'est comme une impression de rentrer dans la cantine d'un Ehpad. Cela fait des années que je ne me suis pas planté à ce point, dans le choix d'un restaurant. Oh, j'y mange correctement et copieusement, puisqu'on me sert davantage sans avoir demandé quoi que ce soit… Du rab, en somme — Oui! je fais souvent cet effet-là, au grand dam de mon épouse depuis que je suis devenu un « hyper-tendu » — Mais l'ambiance dans cette salle, bordel ! A se tirer une balle… A 21h00, le dîner est fini et je me sauve, littéralement, de cette salle et de cette atmosphère.
Jeudi 7 mai: la nuit m'a remis d'aplomb. Un soleil radieux inonde tout à l'ouverture des rideaux de la chambre. Quelle différence ! Cette lumière change toute la perception d'hier en la transformant en simple anecdote.
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| Au réveil à 7h30 sur mon balcon |
Trace de la randonnée :
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| Le point de D/A est le point vert de localisation de mon hôtel et la partie entourée en rouge est le lieu du point de vue sur la baie |
Je traverse la baie en longeant des zones industrielles et portuaires, autrement dit le royaume des camions, des entrepôts et des odeurs qui ne font pas dans la poésie. Une mise en bouche un peu rude pour qui espère du littoral romantique. C'est ce que je craignais lors de la préparation, hier soir. C'est donc confirmé.
Heureusement, une fois arrivé sur la plage de Punta della Rena, point de départ de la randonnée qui m'a inspiré mon tracé, l’air change de registre. Le sable, le bruit des vagues et la lumière font oublier les containers et je respire enfin. Plus loin, je repère un petit bar où je me promets un café au retour.
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| J'ai trouvé le bar où prendre un café au retour |
Je quitte enfin le bitume pour un chemin carrossable qui s’élève doucement, puis je tombe sur le sentier R266 qui monte vers Montemarsale et Santa Lucia. Là, fini la promenade dominicale…
C’est étroit, raide et parfois franchement ingrat. Les racines jouent à cache‑cache avec mes semelles, les pierres semblent avoir été disposées par un comité sadique, et moi, je fais de mon mieux pour ne pas ressembler à un randonneur en détresse. Je grimpe en pestant tout en essayant de conserver une certaine élégance. Je suis en Italie, tout de même.
Au sommet, la promesse espérée se révèle.
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| depuis Montemarsale |
Je redescends par un chemin de randonnée classique jusqu’à retrouver la route qui ramène au port. À 11h45, je m’arrête au bar repéré ce matin pour un café et une eau pétillante. En reprenant le chemin du matin, à travers la zone industrielle, j’aperçois un bus qui attend à l’arrêt.
Je toque à la porte et demande au chauffeur s’il va bien au port. Il me répond que oui, m’invite à monter et refuse même que je paie. Me voilà seul avec lui, embarqué illico — incroyable générosité ! Il part tout de suite. Je ne sais pas ce qu’il attendait. Pas moi, tout de même.
Grâce à ce geste, j’évite de marcher 3 ou 4 km sous le soleil de midi au milieu des camions et des entrepôts. C’est la portion surlignée en vert sur la trace de la randonnée, ci‑dessus.
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| Port de plaisance au pied de la citadelle |
Depuis hier, je mange des produits de la mer. J'applique à l'Italie, les mêmes principes qu'en France. Quand tu es près d'un océan ou d'une mer, mange ce qui s'y trouve, ce sera frais. Ai-je encore raison ? Ou faut-il appliquer les principes d'un vieux gaulois comme Ordralfabétix ? Le retour à l'hôtel me permet de trouver l'endroit où je boirai un verre en fin de journée, et juste un peu plus loin, où je dinerai ce soir.
Vendredi 8 mai: je me réveille tôt pour préparer et charger la moto. En ouvrant les rideaux, je tombe sur le lever du soleil. Il est 6h00 et c’est magnifique. Je ne m’en lasse pas. Surtout que je vais perdre ce soleil, une fois sur le continent.
Je prends le bateau pour Piombino à 9h00. Cette fois, c'est avec la compagnie Blu-Navy.
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| Lever du soleil depuis ma terrasse à l’hôtel Villa Ombrosa |
| Départ de l'ile d'Elbe |
En quittant Piombino, la mer reste longtemps dans mes rétroviseurs (ou alors ce sont dans mes souvenirs, plutôt…), comme une présence qui refuse de disparaître. La route s’enfonce dans l’intérieur de la Maremme, droite d’abord, presque timide, avant de se laisser gagner par les premières ondulations des collines. A Potassa, simple carrefour agricole posé entre Follonica et Grosseto, la lumière change : elle devient plus sèche, plus verticale, tout en étant toujours aussi lourde et grise malheureusement, comme si la Toscane commençait ici à vouloir reprendre ses droits sans y arriver tout à fait, pour moi, aujourd'hui.
En poursuivant vers Ribolla, les souvenirs de l’ancien bassin minier affleurent encore dans les silhouettes des bâtiments et dans la rigueur du paysage. Puis la route grimpe légèrement vers Montemassi, dont le château médiéval domine toujours la plaine. On le voit de loin, posé sur son éperon rocheux, gardien immobile d’un territoire qui a traversé les siècles sans renoncer à sa rudesse.
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La montée se fait plus franche en approchant de Sassofortino. Les châtaigniers épaississent l’ombre, l’air se rafraîchit, et la moto trouve un rythme plus souple dans les virages serrés. Quelques kilomètres plus loin, Roccastrada apparaît, avant que la route ne file vers Monticello, hameau rural accroché aux collines et entouré d’un vignoble d’exception.
Puis vient Arcidosso, l’un des bourgs majeurs du versant occidental du Monte Amiata. Cela fait un moment que je vois des indications de ce « Monte Amiata ». Alors, je ne m'attendais pas à tomber sur une montage aussi élevée en Toscane... Je m'attendais encore moins à trouver une station de ski. Pourtant, c'est ce que je vois en passant sur l'autre versant de ce volcan, avec la ville d'Abadia-San-Salvatore.
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| Au loin, le Monte Amiata |
L’air devient plus dense, les pentes plus abruptes, les maisons plus serrées. Pas de côté minéral, mais une belle forêt épaisse de résineux et de hêtres. On sent la transition entre la Maremme et les terres hautes, entre la douceur des collines et la gravité du massif volcanique. Me voilà au plus profond de la Toscane. Le volcan culmine à 1729 mètres. Mon GPS indique que je circule à 1500 mètres. La température a chuté à 11 degrés Celsius et une pluie fine commence à tomber.
La descente vers Chianciano Terme ramène un peu de lumière. Les oliveraies reprennent leur place, les cyprès se dressent comme des sentinelles fines et sombres, et la route retrouve son élégance sinueuse. Chianciano, ville thermale depuis des siècles, marque l’entrée dans un autre monde : celui des vallées ouvertes, des terres argileuses, des horizons qui respirent.
Force est de constater qu'il y aussi un autre monde parmi ce qui m'entroure. Depuis que les cyprès sont omniprésents, j'observe une population nombreuse de couples asiatiques (et ce ne sont pas des frelons dont je parle) en train d'essayer de se photographier. Visiblement le but est d'avoir, impérativement, des cyprès Toscans en deuxième plan. Quelle monde bizarre, parfois!
En remontant vers le nord, les Crêtes Senesi surgissent comme un paysage rêvé. Ses collines d’argile ondulent sous le vent, nues par endroits, striées de chemins blancs qui filent vers des fermes isolées. C’est un décor presque abstrait, où la moto semble glisser au-dessus d’un océan immobile. Chaque courbe dévoile une nouvelle ligne, un nouveau pli du terrain, une nouvelle nuance d’ocre ou de gris.
Et puis, au détour d’une dernière ondulation, Sienne apparaît. D’abord une couleur — ce rouge brûlé des briques — puis une silhouette, celle des tours qui se détachent sur le ciel. Arriver par les crêtes, c’est entrer dans la ville comme on entre dans une histoire ancienne, avec le cœur encore habité par la route, la poussière, la lumière, et ce long ruban de Toscane qui m' a porté jusqu’ici.
Le truc, c'est que tout le centre ville est en ZTL ou zone à traffic règlementé. J'ai dû transmettre une photo de ma plaque d'immatricultaion à l'hôtel et ils ont fait le nécessaire. Je dois aussi impérativement prendre le circuit prévu pour les touristes. Entrer par la « Porta San Marco » et suivre le panneau indiquant mon hôtel.
Une fois sur place, la moto restera au garage jusqu'à mon départ. A 18h00, je suis prêt pour sentir un peu cette ville. C'est beau! Mais cela sera aussi fatiguant en raison des pentes raides. Le diner s’avère exquis (Voir Les Coins du Babaz).
Samedi 9 mai, je pars en visite pour la découverte complète du centre historique. J'ai trouvé un tracé un peu long mais qui est complet. 12 km à faire.
Trace de la balade en ville :
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| Le point de D/A est matérialisé par l’icône près du point bleu |
Je sors de l'hôtel et prend la ruelle en face de moi. Je n'ai que quelques pas à faire pour rejoindre le tracé prévu. Ensuite, je me laisse porter par le dédale des ruelles siennoises. La ville s’impose d’emblée par ses pentes et ses escaliers. Le centre est perché sur une colline et le parcours alterne montées et descentes, ce qui impose un rythme de marche attentif et régulier.
Je découvre ensuite les contrade, ces quartiers aux identités fortes : leurs fontaines, leurs symboles et leurs musées témoignent d’un attachement communautaire ancien. La fontaine de la contrada dell’Onda, en forme de poisson, illustre cette relation intime entre lieu, rite et mémoire collective.
En approchant du centre, la Porta Tufi se dresse comme un vestige des murailles médiévales, puis la Piazza del Campo s’ouvre devant moi, vaste et inclinée. Sienne est mondialement connue pour son « Palio », une course de chevaux qui a lieu deux fois par an et dure à peine 75 secondes (3 tours sur la Piazza del Campo). Les humains ont tout de même des idées bizarres dans leurs volontés d'exploiter d'autres êtres vivants pour leurs jeux que je qualiferai bien de stupides, mais ce n'est pas le lieu de ce débat.
Je m’arrête longuement sur la place : la Fonte Gaia, la Torre del Mangia et le Palazzo Pubblico composent un ensemble où l’architecture et la vie civique se répondent.
Je poursuis ma déambulation vers le Palazzo Chigi-Saracini et l’Accademia Musicale Chigiana, puis je remonte vers le Duomo. Là, je prends le temps d’observer le sol de marbre, les panneaux sculptés et les fresques : chaque détail témoigne d’un savoir-faire et d’une dévotion qui traversent les siècles. La cathédrale, avec ses 56 panneaux de marbre, impose une contemplation prolongée.
Je termine ma boucle par Santa Maria della Scala, ancien hôpital devenu musée, et par quelques fontaines discrètes comme la Fonte del Casato, cachée entre les maisons. À la fin de la promenade, j’ai le sentiment d’avoir parcouru non seulement une ville, mais une succession de récits imbriqués — religieux, civiques, artistiques — qui font de Sienne un lieu où l’histoire se lit à chaque pas.
Ca claque, non! Ce n’est pas Rome, bien sûr! Mais tout de même… Avant d'y être, j'imaginais Sienne comme une jolie ville. A présent je peux écrire que c'est une ville magnifique. Chaque coin de rue est une nouvelle découverte. Chaque coin de rue amène sa chapelle, son église, sa fontaine, sa sculpture, ou que sais-je...
Il est bientôt 13h30, je n'ai plus qu'à retrouver le restaurant, vu ce matin, avec sa terrasse sur les collines siennoises (Voir Les Coins du Babaz).
Dimanche 10 mai: Aujourd'hui, je rejoins Florence, la ville bien sûr (Ceci est, bien évidemment, un message personnel pour mon épouse). Cette route devait être une joie, l’une des plus belles de ce séjour. Mais depuis 6h du matin, la pluie tombe à torrent, obstinée, presque vexée, dirait-on.
Je tente malgré tout ma chance en partant à 8h30, espérant une accalmie. La route, choisie de longue date, m’entraîne d’abord hors des murailles de Sienne, sur des crêtes ocres où la terre se plisse en larges rides — aujourd’hui détrempées, luisantes, comme si le paysage lui-même pleurait avec moi sous cette eau ruisselante.
La vallée du Val d’Elsa s’ouvre ensuite, plus douce, plus profonde, une nappe fertile où vignes et vergers s’étalent en damier, interrompus par des carrières de pierre claire et des bosquets d’ifs. J’aperçois plus que je ne vois : ma concentration est entièrement absorbée par la conduite. À Castel San Gimignano, j’abandonne l’idée de poursuivre ainsi. La pluie redouble, je n’y vois presque plus. Je me traîne à 40 km/h sur les lignes droites, 20 dans les courbes.
Je bifurque donc plus tôt vers le nord, avant de filer à l’est, en direction de la vallée du Chianti. Je comprends que je ne pourrai pas découvrir pleinement cette merveille italienne. J’enchaîne pourtant les plateaux calcaires, les landes basses, les sols pâles qui portent encore la mémoire étrusque. La route glisse entre murets et oliviers — tant que ce n’est pas moi qui glisse, tout va bien.
Les pentes se resserrent, la végétation devient plus dense. La vallée du Chianti se révèle en mosaïque : rangées de vignes, terrasses d’oliviers, taillis de châtaigniers et de chênes, bandes de pinède qui devraient sentir la résine… mais aujourd’hui, c’est surtout l’humus détrempé qui domine. Je rejoins la célèbre SR222. La pluie étant incessante, je ne prends toujours pas de photos. De toute façon, ce serait pour capturer quoi ? Un rideau gris, uniforme, obstiné.
La route devient une partition de courbes : bas-côtés de terre rouge, fossés où l’eau a creusé des sillons, petites clairières où le soleil — s’il existait aujourd’hui — pourrait s’attarder. Par moments, la campagne s’ouvre sur de larges panoramas embrumés, vallons emboîtés qui descendent vers des rivières invisibles.
À l’approche de Florence, le paysage s’adoucit encore. Les collines se font jardins, les vergers bordent l’Arno, et la ville apparaît enfin, posée comme une cuvette de pierre et de lumière diffuse.
Il est 12h30. Je suis fourbu, mais heureux d’être arrivé, entier et avec la bécane. Les quatre prochains jours sont réservés à Florence et à ses alentours — si la météo, enfin, décide de se ranger de mon côté.
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